Intérimaire roumain : comment ça marche, ce que ça coûte, ce qu’il faut vérifier
Un intérimaire roumain, c’est un ouvrier recruté en Roumanie et embauché par une agence d’intérim française, sous contrat français. Pas de permis de travail, pas de régime spécial : les mêmes règles qu’un intérimaire recruté à Lyon. Ce qui change, c’est le délai, la langue et le logement.

Ce que recouvre exactement « intérimaire roumain »
L’expression désigne deux montages très différents, et toute la suite en dépend.
- Le contrat français. Une agence d’intérim établie en France recrute le candidat en Roumanie, signe avec lui un contrat de mission de droit français et le met à votre disposition. Il est déclaré en France, payé en France, couvert par la sécurité sociale française.
- Le détachement. Une agence établie en Roumanie l’emploie sous contrat roumain et l’envoie chez vous pour une durée limitée. Ses cotisations restent en Roumanie, et vous devenez, comme donneur d’ordre, responsable de vérifications précises.
Cet article traite du premier cas, le plus simple pour l’entreprise. Le second est comparé en détail dans agence d’intérim roumaine ou polonaise : détachement ou contrat français.
Pourquoi tant d’entreprises françaises recrutent en Roumanie
Plusieurs millions de Roumains travaillent déjà ailleurs dans l’Union : beaucoup d’ouvriers ont l’expérience des chantiers et des usines d’Europe de l’Ouest, des consignes de sécurité et du travail en équipe mixte. Le pays a gardé une filière de formation professionnelle dans le bâtiment, la métallurgie et la soudure. Et le roumain étant une langue latine, les consignes simples en français sont souvent comprises plus vite qu’on ne le pense — ce qui ne dispense pas de vérifier le niveau à l’entretien.
Les métiers les plus demandés sont ceux où la France manque le plus de candidats : coffreurs, maçons, ferrailleurs, soudeurs, chaudronniers, caristes, ouvriers agricoles et de l’agroalimentaire. La liste complète est dans les métiers en tension en 2026.
Ce que vous payez
L’agence vous facture chaque heure travaillée au salaire de l’intérimaire multiplié par un coefficient. Le salaire, lui, ne se négocie pas à la baisse : la loi impose qu’il soit au moins égal à celui d’un salarié de votre entreprise, de même qualification, sur le même poste (article L1251-18 du Code du travail). S’y ajoutent l’indemnité de fin de mission et l’indemnité de congés payés, 10 % chacune, que le coefficient doit déjà couvrir.
Un intérimaire roumain ne coûte donc pas moins cher à l’heure qu’un intérimaire recruté en France. Le seul poste nouveau, c’est l’installation : le voyage aller, et surtout le logement quand l’agence ne le fournit pas. Faites préciser qui le prend en charge avant de signer. Le calcul du coefficient, ligne par ligne, est dans le coût réel d’un intérimaire, et les solutions de logement dans loger des salariés étrangers.
Le délai
Compter l’aller-retour des candidatures, l’entretien à distance, le préavis éventuel du candidat et le voyage. Sur un métier courant, l’agence qui dispose déjà d’un vivier peut présenter des profils en quelques jours ; l’arrivée sur le poste se compte plutôt en semaines. Chaque proposition sérieuse donne une date d’arrivée, et c’est l’agence qui s’y engage.
La langue et la sécurité
Exigez ce qui compte vraiment pour le poste. Sur une ligne de production, comprendre les consignes de sécurité et les instructions de poste suffit souvent. Sur un chantier avec coactivité, la règle sûre est un chef d’équipe qui parle français et relaie les consignes. Ce point se décide au moment de la demande : il modifie le vivier, et donc le délai.
Pour le premier jour, deux supports gratuits : la fiche d’accueil sécurité français-roumain, à faire signer, et le glossaire du chantier, à afficher.
Cinq vérifications avant de signer
- L’agence est une entreprise de travail temporaire française, avec une garantie financière (article L1251-49 du Code du travail) : demandez l’attestation, elle se fournit en un courriel.
- Le contrat est français, et non un détachement présenté comme de l’intérim : le contrat de mise à disposition doit le dire.
- Le salaire suit votre grille : classification, majorations, primes d’équipe et indemnités de chantier de votre convention collective.
- Le logement est décent : qui le paie, qui le choisit, combien de personnes par chambre. Un logement indigne finit en départs, et parfois en contrôle.
- Les qualifications sont prouvées : certificats de soudure, autorisations de conduite, permis. Lesquels valent en France est détaillé dans CACES, habilitations et permis.
Le piège du prix trop bas
Une offre nettement moins chère que les autres vient presque toujours d’un détachement mal encadré, ou d’une simple fourniture de main-d’œuvre par une société qui n’est pas une agence d’intérim. Dans les deux cas, c’est l’entreprise utilisatrice qui porte le risque : solidarité financière, prêt de main-d’œuvre illicite, marchandage. Nous détaillons ces situations dans prêt de main-d’œuvre illicite et marchandage.
Comment nous intervenons
Renfort Europe n’est pas une agence d’intérim. Vous décrivez votre besoin une fois ; nous le transmettons aux agences françaises qui recrutent en Roumanie et ailleurs en Europe, sous contrat de travail français, puis nous vous remettons les propositions reçues. Décrire votre besoin prend cinq minutes, et ne vous engage à rien.
Cet article est informatif et reflète les règles en vigueur en novembre 2026. Il ne remplace pas l’avis de votre conseil ou de votre expert-comptable.
Questions fréquentes
- Un intérimaire roumain coûte-t-il moins cher qu’un intérimaire français ?
- Non, et une offre qui le promet doit vous alerter. Sous contrat français, il perçoit le même salaire qu’un salarié de votre entreprise sur le même poste, avec les mêmes cotisations et les mêmes indemnités. Ce que vous gagnez, c’est un poste pourvu, pas une économie sur l’heure.
- Faut-il une autorisation de travail pour un intérimaire roumain ?
- Non. Depuis le 1er janvier 2014, les Roumains travaillent en France sans autorisation ni titre de séjour, comme tout citoyen de l’Union. Une carte d’identité ou un passeport en cours de validité suffit.
- Qui est l’employeur de l’intérimaire roumain ?
- L’agence d’intérim française qui le met à votre disposition. Elle signe son contrat de mission, le déclare, le paie et répond de ses cotisations. Vous êtes l’entreprise utilisatrice : vous dirigez le travail et vous répondez des conditions de travail et de la sécurité sur le poste.
- Peut-on embaucher l’intérimaire roumain à la fin de sa mission ?
- Oui. Toute clause qui l’interdirait est réputée non écrite (article L1251-38 du Code du travail), et les missions des trois derniers mois comptent dans son ancienneté.
Rédigé par l’équipe Renfort Europe, qui a travaillé cinq ans dans des agences d’intérim recrutant en Europe, en détachement comme en contrat français.
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