Aller au contenu

Conseils

Recruter des soudeurs hors d’Europe : Kenya, Vietnam, ce qu’il faut savoir

Quand l’Europe ne suffit plus, certaines entreprises regardent plus loin : le Kenya et le Vietnam forment des soudeurs, et des intermédiaires les proposent. C’est possible, mais rien ne se passe comme pour un Roumain : autorisation de travail, embauche directe, taxe, plusieurs mois de délai. Voici ce qu’il faut savoir avant de s’engager.

Métallier assemblant une structure en acier dans un atelier de serrurerie

Ce qui change par rapport à un soudeur européen

Un soudeur roumain ou polonais travaille en France librement, sous contrat français, et peut arriver par une agence d’intérim en quelques semaines. Un soudeur kényan ou vietnamien a besoin d’une autorisation de travail, demandée par l’employeur, puis d’un visa de long séjour. Avant de chercher plus loin, vérifiez que l’Europe ne peut vraiment pas répondre : c’est presque toujours plus rapide, comme le montre recruter un soudeur roumain.

L’embauche directe, pas l’intérim

C’est le point qui surprend le plus. Un contrat de mission d’intérim ne permet pas à un étranger d’obtenir l’autorisation de travail dont il a besoin pour exercer une première activité salariée en France (article L5221-4 du Code du travail). Le soudeur qui arrive du Kenya ou du Vietnam est donc embauché directement par votre entreprise, en CDD ou en CDI. Vous êtes son employeur dès le premier jour : contrat, paie, accueil, sécurité.

Le contrat doit respecter votre convention collective et la grille de salaire de l’emploi, comme pour n’importe quel salarié. Un salaire inférieur à celui de vos soudeurs de même qualification compromet la demande d’autorisation, et c’est de toute façon interdit.

L’autorisation de travail

La demande se fait en ligne par l’employeur, avec le contrat proposé. Pour un métier inscrit sur la liste des métiers en tension de votre région, fixée par arrêté et mise à jour en 2025, l’administration ne vous oppose pas la situation de l’emploi : vous n’avez pas à démontrer que vous n’avez trouvé personne en France. Hors liste, l’offre doit en principe avoir été publiée sans succès auprès de France Travail. Vérifiez la liste de votre région avant de lancer quoi que ce soit : elle change la durée et les chances du dossier.

Une fois l’autorisation accordée, le salarié demande son visa au consulat de France de son pays, puis valide son titre de séjour à son arrivée. Comptez plusieurs mois en tout, selon le pays, la saison et la complétude du dossier.

Ce que cela coûte en plus

  • La taxe à l’embauche d’un salarié étranger, due par l’employeur : pour un contrat de plus de douze mois, 55 % du salaire mensuel brut, dans la limite d’un plafond ; pour un contrat de trois à douze mois, un forfait selon le salaire.
  • Le voyage et l’installation : billet d’avion, premiers jours, logement.
  • L’intermédiaire qui a présélectionné et testé les candidats, s’il y en a un : ses honoraires sont à votre charge, jamais à celle du candidat.

La loi française interdit de se faire remettre de l’argent par un travailleur en échange de son introduction en France ou de son embauche. Un intermédiaire dont les candidats paient leur départ vous expose, et expose les candidats à un endettement qui finit mal. Au Kenya, les agences de recrutement doivent être enregistrées auprès de l’autorité nationale de l’emploi ; au Vietnam, le départ à l’étranger sous contrat passe en principe par une entreprise de services agréée par l’État. Demandez la preuve de cet agrément.

Vérifier la qualification avant le départ

Un soudeur qui arrive après des mois de procédure et ne tient pas le poste est l’échec le plus coûteux. La parade : une épreuve de qualification dans le pays, selon la norme EN ISO 9606, par un organisme de contrôle reconnu, sur le procédé, la position et le matériau de votre poste. Plusieurs organismes de contrôle internationaux interviennent au Kenya comme au Vietnam. Demandez les éprouvettes ou les photos de la pièce, les résultats des contrôles, et si possible une vidéo du candidat en train de souder.

La lecture d’un certificat ISO 9606 — domaine de validité, confirmations semestrielles — est détaillée dans CACES, habilitations et soudure : ce qui vaut en France.

La langue, le logement, la durée

L’anglais est largement parlé au Kenya, ce qui facilite l’accueil si votre encadrement le parle. Au Vietnam, le français et l’anglais sont rares chez les ouvriers : prévoyez un chef d’équipe ou un interprète, au moins les premières semaines, et des consignes de sécurité traduites. Le logement doit être réglé avant l’arrivée : le salarié ne connaît personne, et n’a ni caution ni garant. Enfin, ce recrutement ne se rentabilise que sur la durée : il a du sens pour un besoin permanent, rarement pour un pic d’activité.

Quand cette piste a du sens

  • Le besoin est durable, sur plusieurs années.
  • Le métier figure sur la liste des métiers en tension de votre région.
  • Vous pouvez embaucher directement, en CDI de préférence.
  • Vous avez un encadrement capable d’accueillir et de former.
  • Un délai de plusieurs mois est acceptable.

Sinon, l’Europe reste la voie la plus courte. Dans les deux cas, parlons-en : planifiez un échange de 20 minutes pour voir ce qui est réaliste dans votre situation, ou décrivez votre besoin.

Cet article est informatif et reflète les règles en vigueur en novembre 2026. Les règles d’immigration professionnelle changent souvent : faites valider votre projet par un avocat ou un conseil spécialisé avant de vous engager.

Questions fréquentes

Une agence d’intérim peut-elle faire venir un soudeur du Kenya ou du Vietnam ?
Pas pour sa première embauche en France. Un contrat de mission d’intérim ne permet pas d’obtenir l’autorisation de travail d’un étranger qui vient exercer pour la première fois une activité salariée en France (article L5221-4 du Code du travail). C’est l’entreprise qui l’emploie qui l’embauche, en CDD ou en CDI.
Combien de temps faut-il compter ?
Plusieurs mois entre la sélection et l’arrivée : l’épreuve dans le pays, l’autorisation de travail, puis le visa. Ce n’est pas une solution pour un besoin du mois prochain, mais elle peut l’être pour un besoin durable.
Qui paie les frais de recrutement ?
L’employeur. La loi française interdit de demander de l’argent à un travailleur pour son introduction en France ou pour son embauche, et les principes de l’Organisation internationale du travail vont dans le même sens. Méfiez-vous d’un intermédiaire dont les candidats paient le départ.
Faut-il une taxe pour embaucher un salarié étranger ?
Oui : une taxe due par l’employeur lors de la première embauche. Pour un contrat de plus de douze mois, elle représente 55 % du salaire mensuel brut, dans la limite d’un plafond ; pour un contrat de trois à douze mois, c’est un forfait qui dépend du salaire.

Rédigé par l’équipe Renfort Europe, qui a travaillé cinq ans dans des agences d’intérim recrutant en Europe, en détachement comme en contrat français.

Vous avez un poste à pourvoir ?

Décrivez-le en cinq minutes. Nous consultons les agences qui recrutent en Europe et embauchent sous contrat français, et nous vous transmettons les propositions reçues. Gratuit, sans engagement.

Décrire mon besoin Planifier un échange de 20 minutes

À lire aussi

Décrire mon besoin Nous contacter