Intérim, CDD ou embauche directe : ce que chaque solution coûte vraiment en 2026
Pour un même poste, trois façons de faire : une mission d’intérim, un CDD, ou une embauche directe. Comparer les trois au taux horaire ne mène nulle part : chacun inclut des choses que les deux autres vous laissent sur les bras.

Les trois solutions, en une phrase
L’intérim
L’agence recrute, embauche, paie, remplace en cas d’absence, et porte le contrat de travail. Vous payez une heure facturée, tout compris, et la mission s’arrête quand vous n’en avez plus besoin.
Le CDD
Vous recrutez et vous employez vous-même, pour un motif et une durée précis. À la fin du contrat, le salarié perçoit une indemnité de fin de contrat.
L’embauche directe
Vous recrutez et vous employez sans terme prévu. C’est la formule la moins chère à l’heure, et la plus longue à mettre en place : encore faut-il trouver la personne.
Ce que le prix contient, dans chaque cas
| Poste de coût | Intérim | CDD | Embauche directe |
|---|---|---|---|
| Recherche du candidat | comprise | à votre charge | à votre charge |
| Contrat, paie, déclarations | compris | à votre charge | à votre charge |
| Indemnité de fin | 10 % (fin de mission) | 10 % (précarité) | aucune |
| Congés payés | 10 %, versés | 10 %, versés | pris en congés |
| Cotisations patronales | comprises | à votre charge | à votre charge |
| Absence, remplacement | l’agence cherche | vous cherchez | vous cherchez |
| Fin de la relation | fin de mission | terme du contrat | procédure de licenciement |
Les deux indemnités de 10 % sont fixées par la loi : indemnité de fin de mission pour l’intérim (article L1251-32 du Code du travail), indemnité de fin de contrat pour le CDD (article L1243-8), toutes deux complétées par l’indemnité compensatrice de congés payés. En embauche directe, ces 10 % n’existent pas : le salarié prend ses congés au lieu de se les faire payer à la fin.
Un même poste, trois calculs
Un plaquiste payé 14,00 € de l’heure, 35 heures par semaine, soit 151,67 heures par mois. Pour l’intérim, nous retenons un coefficient de 1,95, pris ici comme exemple : la lecture d’un coefficient fait l’objet d’un article à part.
| Pour un mois | Intérim | CDD | Embauche directe |
|---|---|---|---|
| Salaire brut | compris | 2 123,38 € | 2 123,38 € |
| Indemnité de fin (10 %) | comprise | 212,34 € | — |
| Congés payés (10 %) | compris | 233,57 € | — |
| Cotisations patronales | comprises | à ajouter | à ajouter |
| Ce que vous payez | 4 140,59 € HT | 2 569,29 € bruts + cotisations | 2 123,38 € bruts + cotisations |
La facture de l’agence est hors taxes, et la TVA est en principe déductible pour une entreprise assujettie. Les salaires, eux, ne supportent pas de TVA : comparez donc bien un montant hors taxes à un coût salarial.
Restent les cotisations patronales, que ce tableau ne chiffre pas, parce qu’elles dépendent de votre situation. À 14,00 € de l’heure, on est à un peu plus d’un SMIC, là où la réduction générale dégressive unique — entrée en vigueur le 1er janvier 2026, en remplacement de l’ancienne réduction générale et des réductions de cotisations maladie et allocations familiales — en efface encore la plus grande partie. Elle s’applique désormais de façon dégressive jusqu’à trois SMIC. Le montant exact dépend de votre taux accident du travail, de votre effectif et de votre convention collective : le simulateur de l’Urssaf le donne en quelques minutes, et votre expert-comptable en deux lignes.
Le coût que personne ne chiffre : trouver la personne
Dans les deux colonnes de droite, une ligne manque toujours : le temps passé à recruter. Rédiger et diffuser l’annonce, trier les candidatures, appeler, recevoir, vérifier les habilitations, relancer celui qui ne vient pas. Sur un métier en tension, ce temps se compte en semaines, et il n’aboutit pas toujours. Un cabinet de recrutement, qui facture couramment de 15 à 25 % du salaire annuel brut, met un prix sur ce travail : c’est un bon ordre de grandeur pour évaluer ce qu’il vous coûte quand vous le faites vous-même.
Ajoutez, pour un salarié venu d’un autre pays européen, ce que vous ne faites pas d’habitude : les formalités d’embauche, le logement et le premier déplacement. Une agence qui recrute en Europe les a déjà intégrés dans son taux.
Quand ça se passe mal
Le CDD rompu avant le terme
Hors faute grave, force majeure ou inaptitude constatée, l’employeur qui met fin à un CDD avant son terme doit des dommages et intérêts au moins égaux aux salaires restant dus jusqu’à la fin prévue (article L1243-4). Un CDD de six mois signé pour un chantier annulé au deuxième mois coûte quatre mois de salaire.
La mission arrêtée en cours
Côté intérim, ce que vous devez en cas d’arrêt anticipé dépend du contrat de mise à disposition signé avec l’agence. C’est la clause à lire avant de signer, pas après : préavis, facturation du solde, remplacement proposé.
L’embauche qui ne tient pas
La période d’essai se rompt sans motif, en respectant un délai de prévenance. Passée cette période, il faut une cause réelle et sérieuse, une procédure, et des indemnités.
Les règles qui limitent le choix
Ni le CDD ni l’intérim ne peuvent pourvoir durablement un emploi lié à l’activité normale et permanente de l’entreprise (articles L1242-1 et L1251-5). Il faut un motif : accroissement temporaire d’activité, remplacement d’un salarié absent, emploi saisonnier. La durée totale est en principe de dix-huit mois, renouvellements compris. Entre deux contrats sur le même poste, un délai de carence s’applique : un tiers de la durée du contrat écoulé s’il a duré quatorze jours ou plus, la moitié s’il a duré moins.
Un poste durable couvert par des CDD ou des missions qui s’enchaînent, c’est le cas classique de requalification. Et si le montage revient à mettre du personnel à disposition en dehors du cadre légal, on entre dans le prêt de main-d’œuvre illicite.
Un point que beaucoup d’employeurs découvrent trop tard : dans les secteurs soumis au bonus-malus d’assurance chômage (entreprises de 11 salariés et plus, secteurs à fort taux de rupture, dont l’hébergement-restauration, le transport-entreposage et l’agroalimentaire), les fins de mission d’intérim sont imputées à l’entreprise utilisatrice, pas à l’agence. Multiplier les contrats courts s’y paie l’année suivante : la contribution, de 4,00 % en principe, varie entre 2,95 % et 5,00 % selon le nombre de fins de contrat rapporté à l’effectif.
Passer de l’un à l’autre, sans payer deux fois
La loi organise déjà les passages, et c’est à votre avantage :
- De l’intérim vers l’embauche. Toute clause qui interdirait d’embaucher un intérimaire à l’issue de sa mission est réputée non écrite (article L1251-38). Les missions accomplies chez vous dans les trois mois précédant l’embauche comptent pour l’ancienneté et se déduisent de la période d’essai.
- Du CDD vers le CDI. L’indemnité de précarité n’est pas due si le salarié est embauché en CDI à l’issue du contrat, ni s’il refuse un CDI sur le même emploi à rémunération au moins équivalente. La durée du CDD se déduit également de la période d’essai.
Autrement dit, une mission d’intérim ou un CDD bien utilisés sont un essai grandeur nature, payé plus cher à l’heure, qui évite une erreur d’embauche à 12 000 € par an.
Comment choisir, en pratique
| Votre situation | Ce qui coûte le moins cher, au total |
|---|---|
| Un pic de quelques semaines, une date de fin connue | L’intérim : rien à recruter, rien à solder |
| Un remplacement identifié de six à douze mois | Le CDD si vous avez le candidat, l’intérim si vous ne l’avez pas |
| Un besoin durable, un candidat trouvé | L’embauche directe, sans détour |
| Un besoin durable, personne en face | Une mission d’intérim, puis l’embauche : l’essai est déduit |
| Plusieurs postes, tout de suite, profils rares | Des agences qui recrutent en Europe et embauchent sous contrat français |
Ce que fait Renfort Europe
Nous ne sommes pas une entreprise de travail temporaire et nous ne recrutons pas nous-mêmes. Vous décrivez le poste une fois ; nous transmettons la demande à des agences qui recrutent partout en Europe et embauchent sous contrat de travail français, puis nous vous remettons leurs propositions, chiffrées sur la même base. Vous comparez alors des taux comparables — et, si l’embauche directe est la bonne réponse, nous vous le dirons aussi. Décrire votre besoin prend cinq minutes, et ne coûte rien.
Les trois formules sur vos propres chiffres, salaire et coefficient compris : le simulateur de coût.
Les montants cités ici, et les autres repères 2026, sont réunis sur une page à part : les chiffres du travail temporaire.
Chiffres à jour au 20 septembre 2026. Le coefficient de 1,95 et le taux horaire de 14,00 € sont des exemples, pas des références de marché ; les cotisations patronales dépendent de votre entreprise. Cet article est une information générale : pour un cas précis, votre expert-comptable ou un avocat en droit social reste le bon interlocuteur.
Questions fréquentes
- Peut-on embaucher un intérimaire à la fin de sa mission ?
- Oui. Toute clause qui l’interdirait est réputée non écrite (article L1251-38 du Code du travail). Les missions accomplies dans l’entreprise au cours des trois mois précédant l’embauche comptent pour l’ancienneté et se déduisent de la période d’essai du nouveau contrat.
- La prime de précarité est-elle due sur un CDD saisonnier ?
- Non. Le contrat saisonnier fait partie des cas où l’indemnité de fin de contrat de 10 % n’est pas due, au même titre que le contrat d’usage ou le contrat conclu avec un jeune pendant ses vacances scolaires. Elle n’est pas due non plus si le salarié est embauché en CDI à l’issue de son CDD, ni s’il refuse un CDI sur le même emploi à rémunération au moins équivalente.
- Combien de temps peut durer un CDD ou une mission d’intérim ?
- Dix-huit mois en règle générale, renouvellements compris. Certaines situations sont plus courtes — neuf mois dans l’attente de l’arrivée d’un salarié en CDI. Entre deux contrats sur le même poste, un délai de carence s’applique : un tiers de la durée du contrat écoulé s’il a duré quatorze jours ou plus, la moitié s’il a duré moins.
- Qu’est-ce qui coûte le moins cher, au total ?
- Cela dépend du délai. Pour quelques semaines avec une date de fin connue, l’intérim ne laisse rien à recruter ni à solder. Pour un besoin durable avec un candidat déjà trouvé, l’embauche directe est la moins chère à l’heure. Entre les deux, comparez le surcoût horaire avec ce que vous coûte chaque semaine de poste vide.
Rédigé par l’équipe Renfort Europe, qui travaille depuis 2021 dans des agences d’intérim recrutant en Europe, en détachement comme en contrat français.
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Décrivez-le en cinq minutes. Nous consultons les agences qui recrutent en Europe et embauchent sous contrat français, et nous vous transmettons leurs propositions. Gratuit, sans engagement.
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